« Les Mongols se sont rebellés ! »
En avril 1967, sur ordre du Premier ministre chinois Zhou Enlai, Teng Haiqing mène l'entrée militaire dans la région autonome de Mongolie-Intérieure. Suivant les instructions de Kang Sheng selon lesquelles « les mauvaises herbes mongoles doivent être arrachées par les Mongols eux-mêmes », et sous le slogan « oser croiser la baïonnette, que la lame soit rouge », il appelle ouvertement en 1968 à « arracher le pouvoir aux mains des Mongols », usant d'une violence extrême contre le peuple mongol.
Après la Première Guerre mondiale, dans le sillage de l'autodétermination des peuples, le « Parti révolutionnaire du peuple de Mongolie-Intérieure » (PRPM) fut fondé à Zhangjiakou pour la libération nationale. Entré dans la clandestinité pendant la guerre sino-japonaise, il reprit ses activités avant d'être dissous en 1947, ses membres rejoignant le Parti communiste chinois (PCC). Cependant, en 1966, la Révolution culturelle déclenchée par le PCC se transforma en une purge sanglante nommée mouvement « d'extirpation du PRPM ». L'histoire de la colonisation japonaise fut utilisée pour accuser les Mongols de « collaboration » et de « trahison », qualifiant leur quête de libération de « séparatisme ethnique ».
En 1968, le PCC ayant officiellement désigné le PRPM comme « organisation contre-révolutionnaire illégale », le Comité révolutionnaire de Mongolie-Intérieure dirigé par Teng Haiqing lança l'incident de purge du PRPM. Des Mongols ordinaires et d'anciens membres du parti déjà dissous furent étiquetés « membres du PRPM ». L'élite mongole fut massivement arrêtée et persécutée sous des chefs d'accusation tels que « révisionniste soviétique », « révisionniste mongol » ou « espion japonais ». Sur une population de 1,5 million de Mongols, 340 000 furent arrêtés et plus de 20 000 périrent. Ce quasi-génocide et cet ethnocide culturel sont comparables au massacre de Katyn ou au régime des Khmers rouges.
À partir de mars 1969, les victimes se rendirent à Pékin pour pétitionner, apportant preuves de torture et reliques de défunts. À la veille du 9e Congrès national du PCC, Mao Zedong décida de calmer la Révolution culturelle. Sous la pression, le Comité central publia la « Directive du 22 mai » pour réhabiliter les victimes innocentes. Le vent tourna pour Teng Haiqing qui devint la cible de critiques lors de sessions de lutte.
L'incident ne s'apaisa que lorsque la Mongolie-Intérieure fut démembrée et répartie entre les provinces voisines pour rétablir une politique de « diviser pour régner ». Teng Haiqing fut muté en 1975 et mourut en 1997 sans jamais avoir été poursuivi pénalement, malgré la reconnaissance officielle de l'incident comme une erreur historique après 1976.
Cet ouvrage en trois volumes rassemble les discours de Teng Haiqing et des documents de la fin de la Révolution culturelle. Le second volume couvre la période de consolidation de la purge, de mars à décembre 1968.
Cette série sur les archives de la Révolution culturelle en Mongolie-Intérieure comprend également des volumes sur les documents gouvernementaux, les preuves historiques et les témoignages de victimes.
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